Histoire de Grentzingen


Le texte le plus ancien mentionnant Grentzingen date du 24 août 1243. Un certain « Walterus miles de Grencingen » figure parmi les témoins d'un acte de donation signé à Altkirch en faveur du couvent suisse de Bellelay (Trouillat Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle tome 1 Porrentruy 1852 p 562). Ce n'est pas le village qui est mentionné en tant que tel, mais une famille noble originaire du lieu.

La première mention du village est datée du 27 juillet 1285 dans une donation au couvent d'Olsberg « in dorfern ze Grenzingen und ze Wilr ... » (Urkundenbuch der Stadt Basel zweiter Band Basel 1893 p 278).

La paroisse est citée pour la première fois le 27 novembre 1286 à travers Ulricus curé desservant de « Grenzingin » (Urkundenbuch der Stadt Basel zweiter Band Basel 1893 p 308).

La famille noble des Eptingen possédait des droits importants à Grentzingen. Peter von Eptingen apparait comme recteur de l'église de Grentzingen dès 1317. Dans un document de 1380 (Staatsarchiv Basel-Stadt Klosterarchiv Maria Magdalena Urkunde Nr 230), le droit de collation (droit de nommer le desservant de la paroisse) ainsi que le droit de basse justice et celui d'ordonner et de contraindre à Grentzingen sont des droits de la famille des Eptingen.

Le patron de la paroisse est évoqué en 1404 dans un vieux registre bâlois qui cite la « Sankt Martis Kilch ze Grentzingen ». L'église Saint Martin est une de ces églises mères qui pourrait remonter au temps des Francs (7ème siècle). En effet, au Moyen Age le curé de Grentzingen desservait non seulement les trois villages mais aussi les chapelles de Ruederbach et de Waldighoffen, cette dernière ne devenant une paroisse indépendante qu'en 1699.
L'église était située au milieu du cimetière actuel qui autrefois était fortifié avec un fossé rempli d'eau qui le ceinturait.

Le village fait partie de la seigneurie de Ferrette jusquà la Révolution française.

En 1592, le village compte 39 feux et un moulin à 3 tournants situé en direction de Riespach. La guerre de trente ans (1618-1648) fit des ravages importants car en 1643 il n'y a plus que 8 feux à Grentzingen.

Après le rattachement du Sundgau au royaume de France en 1648, Grentzingen devint le chef-lieu d'une mairie de la seigneurie de Ferrette qui regroupait les villages de Waldighoffen, Steinsoultz, Roppentzwiller et Riespach.

L'église actuelle est inaugurée le 11 novembre 1784, l'ancienne étant sujette aux inondations et humide.

En 1892 mise en service de la voie de chemin de fer Altkirch Ferrette avec une gare construite à l'extrémité nord du village pour desservir aussi Henflingen. La voie ferrée passait dans la rue principale du village.

Le 24 septembre 1914 accrochage entre troupes françaises et allemandes. Durant l'hiver 1915/16, construction d'un Feldbahn entre la gare de Grentzingen et le Birkenhof. Cette voie de chemin de fer étroite est prolongée jusqu'à la ferme du Rehhof à Feldbach durant l'été 1916.

Le 18 juin 1917 évacuation du village dans l'arrondissement de Wissembourg.

Le 15 septembre 1918, bombardement de Grenztzingen par l'Artillerie Lourde sur voie férrée (canon de 240 mm tirant depuis Mertzen) ; 2 soldats allemand du LIR 328 sont tués et plusieurs maisons détruites.

En juin 1940, le genie français dynamite le pont sur l'Ill. Le village est libéré le 19 novembre 1944 par le groupement du commandant Gardy (CC3 de la 1ère division blindée française) qui s'arrêtera à la tombée de la nuit sur le Rhin à Rosenau.